Face aux crises européennes, analysons les crises de l’Amérique du sud : Venezuela, Brésil, Argentine. Ce sont des exemples à méditer.

Nous sommes sensibles au charisme des nouveaux dirigeants grecs : ils séduisent les foules et leur promesses les font élire lorsqu’ils annoncent la fin de l’austérité et le reniement des dettes. Certes l’avenir jugera, mais, pour ce faire, il est intéressant d’analyser les résultats obtenus par trois grands leaders d’Amérique du Sud : Maduro (successeur de Chavez), au Venezuela, Dilma Roussef (successeur de Lula), au Brésil, Christina Kirchner en Argentine ?

– Au Venezuela, Chavez magnétisait les foules, mais sa démagogie entraina son pays à la ruine, malgré une richesse pétrolière lui permettant de distribuer sans compter. En outre il s’attaqua aux entrepreneurs ce qui entraina l’effondrement de l’industrie avec une fuite en avant dramatique amplifiée par le nouveau Président Maduro. Inflation dépassant les 60%, réquisition de magasins, emprisonnement des dirigeants, insécurité croissante faisant du Venezuela le pays le triste champion de la criminalité : telle est la réalité. Où va le pays ? Lire la suite

La croissance, la croissance : celle du PIB ! Elle est attendue par tous.

Mais que recouvre ce Produit Intérieur Brut (PIB) en France et dans le monde ?

Cette croissance du PIB voudrait être la clef de tous les problèmes. Ce n’est pas toujours vrai, mais commençons par étudier le problème de la France qui espère 1% de cette croissance du PIB en 2015, mais avec une question préalable : que recouvre ce PIB ? Il additionne six composantes et les chiffres français sont les suivants :

1- la production agricole (1% du PIB).
2- la production agro-alimentaire (2% du PIB.
3- la production industrielle (12% du PIB).
4- la production du bâtiment et des travaux publics (6%).
5- la production des services marchands (51%).
6- la production des services non marchands que sont les services publics et l’administration (24%).

Excusez-moi de vous infliger ces chiffres, mais ils permettent de poser deux questions. – Première question : concernant le principe même du PIB, il additionne de vrais productions de richesse, les cinq premières composantes, avec une sixième : l’ensemble des fonctions publiques. Plus le nombre de fonctionnaires augmente, plus le PIB augmente : ils sont cinq millions en France, ont augmenté d’un million en vingt ans et, durant la même période, l’industrie a perdu la moitié de son PIB passant de 24% du PIB à 12%. Sur le papier notre PIB a augmenté alors qu’en réalité le pays s’est affaibli et est rongé par les impôts et les déficits. A partir de ce constat, Xavier Fontanet, dans les Echos, estimait que nous n’étions pas la cinquième puissance économique mais la neuvième. Ce triste jugement n’est pas politique mais factuelle. – Deuxième question d’ordre géopolitique : dans les pays développés, les chiffres sont exacts et vérifiés par plusieurs instances. Il n’en est pas de même pour la plupart des pays en voie de développement. Que signifie le PIB du Nigeria, de Madagascar ou du Yémen ? Plus près de nous l’avenir de la Grèce est incertain, mais faut-il rappeler qu’elle ne possède toujours pas de cadastre ? Lire la suite

La Grèce : la crise est sociale, économique, géopolitique. Comment agir face à des dénis de réalité aussi flagrants ?

Objectivement le déni de réalité est d’abord électoral. Alexis Tsipras a bien remporté les élections avec son nouveau parti Syriza, mais faut-il rappeler que selon la loi électorale les nationaux séjournant à l’étranger n’ont pas le droit de vote ? Or ils sont quatre millions. Qu’aurait donné une votation selon les règles en vigueur dans tous les pays démocratiques à commencer par l’Europe ? Qui en parle ?

Second déni que nous avons déjà signalé : l’absence de cadastre. C’est stupéfiant et bien entendu l’Europe a demandé son établissement. Il est en cours, mais demandera plusieurs années : que fera et que décidera le nouveau gouvernement ?

Venons-en à la dette proprement dite de 321 milliards d’euro soit 177% du PIB d’Athènes, dette détenue en particulier par la BCE, le FMI l’Allemagne et la France. Nous concernant, il s’agit de 42 milliards d’Euro soit deux points de PIB ! Lire la suite

Alors que l’Europe reste rongée par la crise, Barak Obama constate que les USA retrouvent leur suprématie grâce à leur productivité, à leur maîtrise de l’informatique et aux gaz de schiste.

Notre actualité reste dominée par le problème grec et les modestes réformes françaises alors que le président américain annonce sans complexe que les Etats-Unis sont redevenus numéro un mondial grâce à deux réussites : la productivité et l’innovation.

Concernant la productivité du travail, elle s’est accrue de 15% depuis la crise et concernant l’innovation avec l’économie numérique, le président américain déclare : « Nous possédons Internet. Nos entreprises l’ont créé, l’ont étendu, l’ont perfectionné à un niveau qui fait que nul ne peut nous concurrencer ».

Si Apple et Google présentent des dizaines de milliards de dollars de bénéfices, Washington a lancé une autre révolution, celle des gaz de schiste permettant au pays de retrouver son indépendance énergétique. Aurions nous imaginer il ya dix ans que ces gaz de schistes permettraient aux Etats-Unis de se retrouver avec des réserves pétrolières équivalentes à celles de l’Arabie Saoudite et de ne plus être dépendants du Moyen-Orient ? C’est une révolution géopolitique qui permet de retrouver une indépendance perdue. N’oublions pas que Roosevelt, en 1945, après Yalta avait considéré prioritaire de conclure un accord pétrolier stratégique avec l’Arabie Saoudite. Lire la suite

Ukraine, Grèce : l’Europe fac à un deux défis. Un défi géopolitique et un défi économique : l’objectivité est indispensable.

L’actualité présente en effet à la France, à l’Allemagne et au reste de l’Europe deux redoutables échéances : comment limiter les ambitions de Poutine concernant les minorités russes de l’Ukraine et comment contrôler la morgue des nouveaux dirigeants grecs récusant leurs dettes ? Les seules réponses se doivent d’être objectives, alors que politiques et médias adoptent trop souvent des comportements démagogiques récusant les réalités.

Mais quelles sont ces réalités ?

1- L’Ukraine en guerre. Rappelons que la géopolitique étant basée essentiellement sur les quatre composantes que sont l’histoire, la géographie, la sociologie et l’économie, le conflit actuel a d’abord des bases historiques. Faut-il encore répéter que la Crimée est indissociable de l’histoire russe et que c’est à Yalta que Roosevelt, Staline et Churchill ont défini les conditions de l’après guerre en février 1945 ? Qu’Odessa connut en 1905, la révolte des marins du Potemkine ?
Deux autres données doivent être prises en compte :
– La partie orientale de l’Ukraine est sociologiquement russe.
– Le niveau de vie de l’Ukrainien est trois fois inférieur à celui du Russe.
Ce dernier constat explique le désir des Ukrainiens ruinés d’adhérer à l’Europe et de lui demander son aide financière. Cette finance qui nous amène a l’actualité grecque. Lire la suite